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L’explosion de l’insécurité en France : mythe ou réalité ? (Mise à jour : bilan 2019)

il y a 8 mois

Le ressenti de bon nombre de nos concitoyens semble converger avec une augmentation bien réelle de l’insécurité en France. Mais dans quelles proportions et à quelles périodes l’insécurité a-t-elle augmenté ? Les chiffres sont-ils minimisés ?

Mise à jour 2019 :

1. Une insécurité minimisée ?

S’en tenir aux statistiques officielles n’est probablement pas suffisant pour bien mesurer l’importance du phénomène. En effet, le ministère de l’intérieur ne peut donner de chiffres précis que sur les faits enregistrés par les forces de sécurité. Outre les faits enregistrables mais non signalés, certaines formes d’insécurité ne sont jamais intégrées aux chiffres, à moins qu’elles ne mènent à une plainte ou à un accident grave. Voici quelques exemples concrets de situations qui constituent de l’insécurité réelle sans pour autant avoir une influence sur les statistiques de l’insécurité :

  • Les rodéos nocturnes
  • Les regroupements nocturnes bruyants au bas d’un immeuble
  • Les attroupements dans un passage ou une cage d’escalier
  • Les insultes verbales
  • Les signes hostiles (doigts d’honneur, bras d’honneur, etc.)
  • Les provocations
  • Les jeunes circulant en groupe sur les routes et levant la roue avant de leur moto
  • Les vols sans violence de biens sans grande valeur (vêtement oublié, lunettes de soleil, briquet, etc.)
  • Les comportements agressifs et dangereux au volant (distance de sécurité non respectée pour faire pression, slaloms, non-respect des priorités, etc.)

Insecurite en France

Ces situations constituent de véritables nuisances au quotidien, et participent à l’insécurité, sans pour autant être comptabilisées dans les statistiques. En effet, sur le site du ministère de l’intérieur, les catégories suivantes sont listées :

  • Homicides
  • Coups et blessures volontaires
  • Vols avec armes
  • Vols violents sans armes
  • Vols sans violence contre les personnes
  • Cambriolages
  • Vols de véhicules et d’accessoires
  • Destructions et dégradations volontaires
  • Escroqueries
  • Violences sexuelles

Les injures, provocations, signes hostiles, rodéos, et attroupements n’entrent par exemple dans aucune de ces catégories, bien que les chiffres du ministère intègrent la délinquance. (Le bilan 2018 est en effet titré : « Insécurité et délinquance en 2018 : premier bilan statistique »)

Les chiffres qui sont fournis la plupart du temps ne traduisent donc pas l’insécurité « soft » subie au quotidien. Typiquement, le nombre d’homicides (hors terrorisme) est souvent mis en avant afin de minimiser la gravité de la situation : il est resté stable autour de 800 à 1000 cas par an depuis 2011 et a même baissé de moitié par rapport aux années 90. Cependant cet indicateur (par ailleurs très discutable, comme nous allons le voir en détail dans la 3ème partie de cet article) ne reflète pas du tout la situation dans sa globalité. La plupart des cas d’insécurité sont en effet larvés, avec notamment une massification de la délinquance juvénile, qui ne se traduit que très rarement par des meurtres mais plutôt par des injures, des vols sans violence, des provocations, des nuisances sonores, et des dégradations ne faisant pas l’objet de plaintes (détérioration des portes des immeubles, des boîtes aux lettres, des interphones, etc.). Généralement, les cas de vandalismes sur des logement ou des véhicules individuels, ou des biens publics, feront l’objet de plaintes et seront donc comptabilisés dans les statistiques, mais ce ne sera pas forcément le cas pour la plupart des dégradations de parties communes dans un immeuble par exemple.

On observe également des cas de figure quasiment jamais vus avant les années 2000, comme l’attaque d’une rame de RER D à Grigny en 2013 (une vingtaine de délinquants cagoulés et armés de bombes lacrymogènes avaient attaqué et racketté les passagers), une enseignante menacée par un élève de 15 ans armé d’un pistolet factice en octobre 2018 à Créteil, le guet-apens tendu aux forces de l’ordre à Mantes-la-Jolie le 24 octobre 2019, ou encore l’incendie criminel d’une école à Bézier suivi de la réception des policiers à coups de pierres et de tirs aux mortiers par une trentaine de délinquants le jeudi 31 octobre 2019.

2. La délinquance juvénile

En 40 ans, le nombre de mineurs mis en cause dans des affaires pénales en France est passé d’environ 80 000 à environ 200 000, soit une augmentation impressionnante de 150%. L’augmentation de la délinquance juvénile est donc réelle, et ne relève donc pas d’un simple « sentiment » ou d’un fantasme.

Année Nombre de mineurs mis en cause
1977 82 151
1980 104 292
1990 98 284
1992 98 864
1994 109 338
1995 126 233
1996 143 824
1997 154 437
1998 171 787
1999 154 437
2000 175 256
2001 177 017
2007 203 699
2010 216 243
2013 234 000
2017 195 459

Sources :

Cette augmentation ne relève pas uniquement d’une cause démographique (comme le nombre d’habitants augmente, le nombre de mineurs mis en cause augmente mécaniquement). En réalité, il existe une surreprésentation des jeunes de 10 à 24 ans dans les affaires pénales : d’après un portrait social réalisé par Insee Reference en 2016, alors qu’ils ne représentaient que 21% de la population, ces jeunes représentaient 36% des auteurs présumés d’infractions.

Outre l’augmentation du nombre, on note également une entrée précoce dans la délinquance (à partir de 10 ans) ainsi qu’une explosion des incivilités (des « petits » délits qui demeurent souvent impunis comme les injures, les tags, l’abandon de déchets sur la voie publique, ou la dégradation de biens).

Enfin, on note aussi une augmentation de la délinquance des filles depuis 1994 : parallèlement à l’augmentation du nombre de mineurs mis en cause, il y a eu une augmentation de la proportion des filles dans l’ensemble des mineurs mis en cause. Ainsi de 1994 à 2006, nous sommes passés d’environ 110 000 à 200 000 mineurs mis en cause, et d’environ 9.5% à 14% de filles mises en cause. Cela signifie à la fois une hausse du pourcentage et du nombre (nous sommes passés d’environ 10 000 à 28 000 adolescentes impliquées dans des affaires de délinquance entre 1994 et 2006).

3. L’évolution de l’insécurité sur les 20 dernières années en France métropolitaine

Taux de crimes et delits en France pour 10 000 habitants de 1949 à 2012

Si l’on se réfère au taux de crimes et délits pour 10 000 habitants fourni par le ministère de l’intérieur, et à ce graphique réalisé par Actualitix, on constate que l’explosion du nombre de crimes et délits constatés remonte en fait aux années 70 et 80. Depuis 1984, ce taux fluctue, et on peut observer une forme de stagnation durant les années 2000 et 2010, ce qui ne signifie pas pour autant que la situation s’améliore : après l’explosion des années 70 et 80, durant laquelle le taux de crimes et délits a été multiplié par 6 (soit une augmentation vertigineuse de 500%), le nombre de crimes et délits s’est toujours maintenu à un niveau élevé, bien que fluctuant.

Dans les parties suivantes, nous nous sommes basés sur les chiffres relatifs à la France métropolitaine fournis par data.gouv.fr, que nous avons compilés sur la période la plus longue possible (depuis 1996), et en exploitant le maximum de données pour les catégories choisies (homicides, coups et blessures, cambriolages, vols de véhicules, vols avec violence, vols sans violence, violences sexuelles, et outrages et violences à l’encontre des dépositaires de l’autorité), afin de produire l’étude la plus exhaustive et objective possible. Tous ces chiffres correspondent aux statistiques officielles et doivent être considérés comme de bons indicateurs, et non comme une vérité absolue.

Nombre d’homicides

Nous avons compilé le nombre d’homicides et le nombre de tentatives d’homicides en France métropolitaine, année par année depuis 1996 jusqu'à 2019 inclus, en nous basant sur les chiffres départementaux mensuels relatifs aux crimes et délits enregistrés par les services de police et de gendarmerie de data.gouv.fr.

Pour calculer le nombre total d’homicides, nous avons suivi la méthode du ministère de l’intérieur en additionnant :

  • Les homicides pour voler et à l'occasion de vols
  • Les homicides pour d'autres motifs
  • Les coups et blessures volontaires suivis de mort
  • Les homicides commis contre enfants de moins de 15 ans
  • Les règlements de compte entre malfaiteurs

En procédant ainsi, nous retombons sur les mêmes nombres d’homicides que ceux communiqués dans les rapports du ministère de l’intérieur.

En ce qui concerne le nombre total de tentatives d’homicides, nous avons additionné :

  • Les tentatives d'homicides pour voler et à l'occasion de vols
  • Les tentatives homicides pour d'autres motifs

Nombre d’homicides et de tentatives d’homicide en France métropolitaine année par année de 1996 à 2019

D’assez nombreux articles décrivent une baisse conséquente du nombre d’homicides en France. Cette baisse est réelle : le nombre d’homicides a bien diminué d’environ 30% de 1996 à 2008 pour ensuite se stabiliser aux alentours de 800 à 1000 cas par an à partir de 2009.

En revanche, ce qu’oublient bien souvent de mentionner ces articles est la hausse spectaculaire du nombre de tentatives d’homicide depuis 2009. A partir de 2015, on peut même parler d’explosion : le plafond des 2000 tentatives d’homicides par an a été transpercé en 2016, 2017, et 2018.

On observe donc deux tendances inverses : une tendance baissière du nombre d’homicides à laquelle s’oppose une augmentation du nombre de tentatives d’homicides à partir de 2009.

Lorsqu’on parle de « tentatives d’homicide », on évoque en réalité une tentative qui a échoué. Les tentatives ayant (malheureusement) réussies ne sont pas comptabilisées dans les tentatives d’homicides. Les homicides (tentatives réussies) et les tentatives d’homicides (tentatives ayant échoué) constituent donc deux ensembles distincts. En les additionnant, on obtient le nombre total de tentatives d’homicides. Finalement, on constate donc une augmentation du nombre de tentatives d’homicide ces dix dernières années, ce qui traduit une insécurité de plus en plus forte (plus de 3000 tentatives en 2016, 2017, et 2018), même si le nombre de tentatives réussies a globalement diminué depuis 20 ans.

Année Homicides Tentatives d'homicides TOTAL
1996 1546 1210 2756
1997 1252 1119 2371
1998 1148 1177 2325
1999 1118 1038 2156
2000 1250 1116 2366
2001 1274 1248 2522
2002 1303 1288 2591
2003 1193 1170 2363
2004 1189 1104 2293
2005 1209 1119 2328
2006 1081 1054 2135
2007 1019 1027 2046
2008 1031 1047 2078
2009 826 941 1767
2010 795 1071 1866
2011 866 1192 2058
2012 784 1387 2171
2013 784 1296 2080
2014 803 1463 2266
2015 933 1869 2802
2016 979 2116 3095
2017 944 2309 3253
2018 951 2366 3317
2019 1039 2592 3631

Coups et blessures

Nombre de cas de coups et blessures en France métropolitaine année par année de 1996 à 2019

En ce qui concerne les cas de coups et blessures, le constat est limpide : depuis 23 ans, il a quasiment toujours été en augmentation d’une année sur l’autre, pour atteindre 260 475 cas en 2019, soit une augmentation de plus de 249% par rapport aux 74 694 cas de 1996. Ces chiffres attestent d’une société de plus en plus violente.

Année Coups et blessures
1996 74 694
1997 81 113
1998 85 921
1999 9 4374
2000 105 508
2001 115 731
2002 123 858
2003 133 617
2004 136 278
2005 147 360
2006 163 705
2007 174 780
2008 186 613
2009 192 383
2010 192 294
2011 191 775
2012 192 567
2013 192 367
2014 196 434
2015 211 168
2016 214 816
2017 222 861
2018 240 215
2019 260 475

Nombre de cambriolages

A l’instar des statistiques du chômage (pour lesquelles seule la catégorie A est généralement prise en compte), les chiffres des cambriolages concernent en général uniquement les cambriolages en résidences principales et secondaires. D’après les archives statistiques de la criminalité fournies sur le site du gouvernement, celui-ci communique uniquement les cambriolages de logements depuis au moins 2008, alors qu’il communiquait un chiffre global (incluant les cambriolages en résidence, en entreprise, et en lieux classés « autres) jusqu’en 2001. Il faut donc bien différencier ces présentations de statistiques.

Dans les chiffres suivants, nous avons choisi de présenter année par année le chiffre global des cambriolages, en additionnant les cambriolages réalisés dans les résidences principales, les résidences secondaires, les entreprises, et les lieux « autres ». Nous avons indiqué le détail, sans toutefois distinguer les cambriolages effectués en résidences principales de ceux réalisés dans des résidences secondaires, la distinction ne nous semblant pas présenter un intérêt particulier dans le cadre de cet article. Ces chiffres ont été compilés à partir des chiffres départementaux mensuels relatifs aux crimes et délits enregistrés par les services de police et de gendarmerie depuis janvier 1996 fournis par data.gouv.fr.

Nombre de cambriolage en France métropolitaine année par année de 1996 à 2019

En observant les données, on constate plusieurs tendances :

  • Une tendance baissière pour les cambriolages en entreprise (locaux industriels, commerciaux ou financiers) : nous sommes passés en 20 ans d’environ 100 000 cambriolages à environ 60 000 par an. Même constat pour les cambriolages effectués dans des lieux autres (locaux publics, locaux d’associations, locaux sportifs, etc.). Cette baisse peut être raisonnablement attribuée à une meilleure protection des entreprises et des locaux publics, grâce à une sécurité renforcée au niveau des accès, à la mise en place de systèmes d’alarme intrusion, et à l’installation de systèmes de télésurveillance/vidéosurveillance.
  • En ce qui concerne les résidences, la tendance était à la baisse de 1996 à 2008, puis elle est repartie à la hausse à partir de 2009.
Année Cambriolages résidences Cambriolages entreprises Autres lieux TOTAL
1996 236 295 102 180 97 863 436 338
1997 190 113 84 792 87 755 362 660
1998 206 776 92 414 96 098 395 288
1999 191 050 88 306 90 534 369 890
2000 185 985 96 180 87 614 369 779
2001 210 797 110 101 95 183 416 081
2002 223 452 113 771 93 928 431 151
2003 216 382 102 259 87 989 406 630
2004 202 611 92 856 81 299 376 766
2005 181 171 86 788 74 402 342 361
2006 177 831 87 548 69 585 334 964
2007 165 647 80 485 65 977 312 109
2008 166 101 70 178 61 582 297 861
2009 179 295 70 795 60 943 311 033
2010 186 553 71 325 58 182 316 060
2011 216 175 63 380 53 531 333 086
2012 234 028 60 074 58 347 352 449
2013 246 081 63 697 62 627 372 405
2014 231 461 62 162 72 175 365 798
2015 232 495 65 695 73 798 371 988
2016 243 515 66 991 64 682 375 188
2017 249 170 66 800 62 828 378 798
2018 233 820 65 168 55 116 354 104
2019 234 268 68 457 54 820 357 545

Vols de véhicules

Nombre de vols de véhicules en France métropolitaine année par année de 1996 à 2019

Depuis 2001, le nombre de vols de véhicules (automobiles, 2 roues, véhicules de transport avec fret) a très nettement chuté. Cela s’explique par l’arrivée des clefs électroniques et des systèmes de repérage qui ont rendu les véhicules plus difficiles à voler. Pour arriver à leur fin, Les voleurs de véhicule doivent aujourd’hui disposer de moyens technologiques plus poussés qu’il y a 20 ans, comme des cloneurs de clefs.

Cette diminution d’environ 68% en 20 ans est l’un des facteurs expliquant la stagnation du taux de crimes et délits pour 10 000 habitants, alors que d’autres indicateurs importants sont dans le rouge. Cette baisse significative (environ -300 000 en 20 ans) permet en effet « d’absorber » les augmentations constatées dans d’autres catégories importantes, comme par exemple le nombre de cas de coups et blessures (+ 170 000 en 20 ans), lorsque le bilan global est établi.

Année Vols de véhicules
1996 443 772
1997 417 826
1998 414 659
1999 395 853
2000 401 010
2001 418 892
2002 381 314
2003 328 357
2004 287 065
2005 260 235
2006 243 187
2007 224 606
2008 211 461
2009 207 873
2010 195 367
2011 191 775
2012 192 567
2013 173 391
2014 168 552
2015 169 132
2016 169 991
2017 153 741
2018 142 095
2019 140 180

Vols avec et sans violence

Dans les vols avec violence, nous avons inclus :

  • Les vols à main armée contre des établissements financiers
  • Les vols à main armée contre des établissements industriels ou commerciaux
  • Les vols à main armée contre des entreprises de transports de fonds
  • Vols à main armée contre des particuliers à leur domicile
  • Les autres vols à main armée
  • Les vols avec armes blanches contre des établissements financiers, commerciaux, ou industriels
  • Les vols avec armes blanches contre des particuliers à leur domicile
  • Les autres vols avec armes blanches
  • Les vols violents sans arme contre des établissements financiers, commerciaux, ou industriels
  • Les vols violents sans arme contre des particuliers à leur domicile
  • Les vols violents sans arme contre des femmes sur voie publique ou autre lieu public
  • Les vols violents sans arme contre d'autres victimes

Au sein des vols sans violence ont été intégrés :

  • Les vols à la tire
  • Les vols à l'étalage
  • Les vols à la roulotte (vols dans un véhicule inoccupé)
  • Les vols d'accessoires sur véhicules à moteur immatriculés
  • Les vols simples sur chantier
  • Les vols simples sur exploitations agricoles
  • Les autres vols simples contre des établissements publics ou privés
  • Les autres vols simples contre des particuliers dans des locaux privés
  • Les autres vols simples contre des particuliers dans des locaux ou lieux publics
  • Les recels

Nombre de vols avec et sans violence en France métropolitaine année par année de 1996 à 2019

Tout d’abord, on observe que les vols avec violence sont beaucoup moins nombreux que les viols sans violence. Pour environ 100 000 vols avec violence par an, nous avons environ 1 200 000 vols sans violence par an.

De 1996 à 2001, on constate une croissance des vols avec violence recensés, suivi de fluctuations entre 2002 et 2013, puis une légère baisse à partir de 2016. Globalement, les chiffres sont plutôt stables sur 20 ans, mais demeurent élevés. Il se produit environ un vol avec violence toutes les 5 minutes en France métropolitaine.

Les vols sans violence enregistrés ont eux connu une hausse de 1996 à 2002, suivi d’une tendance plutôt baissière, mais là encore, les chiffres demeurent extrêmement élevés : ils varient entre 1 300 000 et 1 600 000 vols par an, donc toujours largement plus d’un million de vols par an. Il se produit plus de 150 vols sans violence par heure en France métropolitaine.

A l’instar des vols de véhicule, la baisse du nombre de vols sans violence constatée entre 2002 et 2019 (environ -300 000) a permis d’absorber la hausse constatée dans d’autres catégories, lorsqu’on établit le bilan global de l’insécurité.

Année Vols avec violence Vols sans violence TOTAL
1996 79 337 1 354 744 1 434 081
1997 80 310 1 324 785 1 405 095
1998 83 982 1 375 322 1 459 304
1999 94 719 1 375 606 1 470 325
2000 109 677 1 434 793 1 544 470
2001 134 005 1 534 686 1 668 691
2002 132 788 1 540 624 1 673 412
2003 124 924 1 501 032 1 625 956
2004 119 201 1 442 999 1 562 200
2005 124 368 1 394 034 1 518 402
2006 127 084 1 362 838 1 489 922
2007 112 714 1 278 329 1 391 043
2008 106 482 1 219 710 1 326 192
2009 112 615 1 211 392 1 324 007
2010 121 103 1 200 517 1 321 620
2011 120 909 1 191 080 1 311 989
2012 123 729 1 201 131 1 324 860
2013 124 579 1 254 619 1 379 198
2014 113 527 1 299 519 1 413 046
2015 104 485 1 271 778 1 376 263
2016 99 992 1 264 736 1 364 728
2017 95 281 1 263 266 1 358 547
2018 88 583 1 240 476 1 329 059
2019 86 771 1 256 903 1 343 674

Viols, harcèlements sexuels, agressions sexuelles, et atteintes sexuelles

Nombre de viols, harcèlements sexuels, agressions sexuelles, et atteintes sexuelles en France métropolitaine année par année de 1996 à 2019

Entre 1996 et 2019, le nombre total de viols, harcèlements sexuels, agressions sexuelles, et atteintes sexuelles a plus que doublé. L’augmentation est de 136.5% en 23 ans pour l’ensemble de ces catégories. Il s’agit d’une hausse significative qui témoigne d’un environnement plus dangereux et plus agressif, y compris sexuellement. L’affaire Weinstein (octobre 2017) a provoqué une hausse du nombre de plaintes, ce qui a accentué une tendance déjà haussière.

A l’instar des tentatives d’homicides, des coups et blessures, et des outrages et violences à l’encontre des dépositaires de l’autorité, les viols et agressions sexuelles sont en nette augmentation depuis 23 ans, ce qui confirme la hausse des attaques envers les personnes. A celle-ci s’oppose une baisse des vols et des cambriolages, qui compense toutes ces hausses lorsqu’on calcule le taux de crimes et délits pour 10 000 habitants, et peut ainsi laisser croire à une baisse de l’insécurité sur les 20 dernières années.

Année Viols Harcèlement, agressions, et atteintes TOTAL
1996 7176 21 915 29 091
1997 8189 26 281 34 470
1998 7780 24 583 32 363
1999 7922 23 950 31 872
2000 8389 24 645 33 034
2001 9505 25 354 34 859
2002 10 269 26 477 36 746
2003 10 309 29 248 39 557
2004 10 390 32 325 42 715
2005 9936 30 351 40 287
2006 9738 28 836 38 574
2007 9974 28 302 38 276
2008 10 097 29 161 39 258
2009 9720 28 107 37 827
2010 10 000 26 849 36 849
2011 10 306 28 930 39 236
2012 10 800 29 251 40 051
2013 11 124 29 246 40 370
2014 11 960 30 963 42 923
2015 12 947 33 179 46 126
2016 14 680 34 144 48 824
2017 16 441 36 709 53 150
2018 19 202 43 046 62 248
2019 22 888 45 919 68 807

Destructions et dégradations volontaires

Il ne nous a pas paru pertinent de compiler les chiffres depuis 1996 concernant les dégradations. En effet, l’état 4001 des chiffres départementaux mensuels que nous utilisons ne comptabilise que les délits. Or, pour disposer d’une vision complète des dégradations, il faut comptabiliser à la fois les délits et les contraventions. C’est d’ailleurs la méthode employée par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) dans leur bilan statistique sur l'insécurité et délinquance de janvier 2019. A titre indicatif, nous publions ici les chiffres de 2012 à 2018 :

Nombre annuel de destructions et dégradations volontaires enregistrées par les forces de sécurité de 2012 à 2018

Conclusion sur l’évolution de l’insécurité depuis 1996

Si le taux de crimes et délits stagne (voire baisse) depuis 10 ans, c’est principalement grâce à une meilleure sécurisation d’ordre technologique (véhicules mieux protégés et vidéosurveillance) qui a fait diminuer les vols. Mais le nombre de tentatives d’homicides et les coups et blessures ont augmenté, ce qui traduit une société de plus en plus violente et agressive. D’un côté, nous avons un environnement plus sécurisé grâce à la démocratisation des technologies de surveillance, et de l’autres des criminels et des délinquants de plus en plus nombreux et dangereux.

4. La crise de l’autorité

Le respect de l’autorité traverse une crise durable depuis plusieurs dizaines d’années. Quelles qu’en soient les raisons, force est de constater que les figures traditionnellement représentatives de l’autorité ne bénéficient plus du même respect qu’autrefois, que ce soient les représentants des forces de l’ordre, les représentants de l’état, les pompiers, ou le corps enseignant.

Violences contre les enseignants

Jusqu’à la seconde guerre mondiale, un professeur ou un instituteur était considéré comme un notable dans sa ville, et bénéficiait naturellement d’un grand respect de la part de ses élèves et leurs parents. Lorsqu’on parlait de violence scolaire, elle ne concernait d’ailleurs que celle potentiellement subie par un élève. Aujourd’hui, on ne compte plus les cas de menaces et d’agressions envers les enseignants, que ce soit de la part des parents ou des élèves.

Dans le tableau ci-dessous sont comptabilisés par la FAS uniquement les dossiers ouverts dans le cadre de la protection juridique professionnelle, une assurance professionnelle à laquelle les enseignants peuvent souscrire. Les dossiers directement traités par les avocats des enseignants ne sont donc pas comptabilisés. Les 2 tiers de dossiers ouverts en Protection Juridique Professionnelle (PJP) relèvent d’agressions verbales et de diffamations.

Année scolaire Nombre de dossiers ouverts en PJP
2017-2018 4883
2016-2017 4552
2015-2016 4747
2014-2015 5601

Agressions envers les pompiers

D’après l’ONRDP, chez les pompiers, le nombre d’agressions déclarées a augmenté de 213% entre 2008 et 2017.

Année Nombre d’agressions déclarées par les sapeurs-pompiers
2017 2813
2016 2280
2015 1939
2014 1603
2013 1569

Sources :

Phénomène quasi inexistant durant les années 80 et inimaginable durant les années 70, l’hostilité à l’encontre des pompiers est montée en puissance à la fin des années 90 et durant les années 2000. Au départ confinée à la région parisienne, elle s’est répandu partout en France et trouve souvent son origine chez des groupes de trafiquants souhaitant protéger leur territoire.

Elle est symptomatique d’une société en perte de contrôle qui ne respecte plus rien, y compris les personnes dévouées qui ont pour mission de protéger les citoyens en s’exposant au danger. Autrefois respectés et admirés, les pompiers subissent aujourd’hui insultes, caillassages, et guet-apens dans les zones à risques, mais aussi des violences de part de personnes alcoolisées, droguées, ou schizophrènes (en 2018, un pompier blessé à l'arme blanche par un schizophrène a succombé à ses blessures).

Attaques contre les policiers

Représentants de l’autorité publique, les policiers bénéficiaient il y a encore 60 ans du respect de la population mais aussi du prestige de l’uniforme. Dans la société ordonnée, on ne répondait pas à un agent en fonction, et bien évidemment, on l’attaquait encore moins. Les évènements de mai 1968 portèrent un premier coup à ce respect.

De nos jours, non seulement le respect de la profession semble s’être en parti évanoui, mais les policiers constituent des cibles privilégiées pour les délinquants, criminels, et casseurs, qui n’hésitent pas à provoquer, insulter, caillasser, et frapper les forces de l’ordre. Policiers, gendarmes, et pompiers sont la cible de 110 agressions par jour en moyenne. En 2016, 49% des blessures de gendarmes était dues à une agression. L’une des agressions les plus marquantes de ces dernières années demeure celle d’une policière à Champigny-sur-Marne le soir du nouvel an 2018. A terre, la policière avait été rouée de coups par onze voyous âgés de 16 à 20 ans.

L’outrage à un agent dépositaire de l’autorité publique est théoriquement sévère dans le code pénal, mais en pratique, les condamnations sont aujourd’hui légères.

Nous avons compilé les outrages et violences commis à l’encontre des dépositaires de l’autorité publique (policiers, gendarmes, pompiers, etc.) depuis 1996 en utilisant l’état 4001 des chiffres départementaux mensuels :

Nombre d’outrages et de violences à dépositaires de l’autorité en France métropolitaine année par année de 1996 à 2019

On observe une nette croissance des cas recensés de 1996 à 2002. Par la suite, la tendance reste haussière, mais on notera surtout un croisement des courbes en 2012, qui signifie que les violences sont devenues plus nombreuses que les outrages ! Autrement dit, depuis 2012, les délinquants agressent physiquement les policiers et les pompiers davantage qu’ils ne les insultent.

5. Le bilan très négatif de l’évolution de l’insécurité en France

Les statistiques

L’explosion de l’insécurité a en réalité eu lieu durant les années 70 et 80, avec une augmentation considérable (et incontestable) de 500% du taux de crimes et délits par rapport aux années 50. Par la suite, ce taux a fluctué entre 55 et 70 cas pour 10 000 habitants, en se maintenant à un haut niveau. Lorsqu’une baisse de l’insécurité est annoncée, elle relève en général davantage d’une légère fluctuation que d’une baisse significative.

Le ressenti et les incivilités

Les statistiques rassemblant homicides, vols, coups et blessures, violences sexuelles, escroqueries et dégradations sont couplées à des incivilités et de l’insécurité au quotidien difficile à mesurer. Si cette insécurité larvée ne se mesure pas, elle se vit et se ressent dans la vie de tous les jours. Ces formes d’insécurité latente et ces incivilités sont probablement en forte augmentation. Cette hausse est en effet corroborée par :

  • A. Les statistiques sur la délinquance juvénile, très souvent à l’origine de ces incivilités
  • B. Les cris d’alarme des maires
  • C. Les sondages sur le sentiment d’insécurité

A. On observe que la délinquance juvénile a très nettement augmenté en 40 ans : le nombre de mineurs mis en cause pénalement a doublé depuis les années 80. Sans trop s’avancer, on peut supposer que cette augmentation se traduit par une forte hausse des incivilités et des nuisances au quotidien qui ne sont pas forcément enregistrées dans les statistiques, et qui participent à l’insécurité ainsi qu’à sa perception par les habitants.

B. Le 16 novembre 2019, une cinquantaine de maires désemparés par la délinquance et les incivilités ont lancé un appel au Président, évoquant "la multiplication de dégradations d'une rare violence commises par une minorité agissante qui ne recule plus devant rien, la banalisation de l'économie parallèle, l'omniprésence de rodéos de motos et/ou de voitures troublant en permanence l'ordre public".

C. Un sondage sur l'insécurité publié le 19 décembre 2017 par Odoxa montre que 66% des français se sentent en insécurité et que 62% des français ont déjà été victimes d’un vol ou d’une agression. D’après un sondage BVA du 16 février 2018, 45% des français se sentent en insécurité.

Le terrorisme

D’après ce même sondage BVA, les agressions physiques (61%) et le terrorisme (61%) sont les principales sources d’inquiétude des français. Le terrorisme est traité à part par le ministère de l’intérieur. Il n’est pas intégré aux statistiques sur l’insécurité. Il s’agit donc d’une source d’insécurité supplémentaire qui vient s’ajouter aux crimes et délits recensés pour calculer le taux de crimes et délits pour 10 000 habitants fourni par le ministère de l’intérieur.

Selon le Centre d'analyse du terrorisme, la France est le pays le plus visé par le terrorisme islamiste depuis 2013. En effet, depuis les tueries de Toulouse et Montauban en 2012, les attentats se sont multipliés, les plus notables étant :

  • L’attentat contre un commissariat de Joué-lès-Tours en 2014
  • Les attentats de janvier 2015
  • L’assassinat commis par Sid Ahmed Ghlam en 2015
  • L’attentat de Saint-Quentin-Fallavier dans une usine de production de gaz industriel en 2015
  • L’attentat du train Thalys en 2015
  • Les attentats du 13 novembre 2015
  • Le double meurtre du 13 juin 2016 à Magnanville
  • Les attentats du 14 juillet 2016 à Nice
  • L’attentat de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2016
  • L’attaque contre des militaires au Carrousel du Louvre en 2017
  • L’attaque du 18 mars 2017 à Orly
  • L’attentat du 20 avril 2017 sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris
  • L’attaque contre des militaires à Levallois-Perret en 2017
  • L’attaque par arme blanche à la gare Saint-Charles de Marseille en 2017
  • Les attaques du 23 mars 2018 à Carcassonne et Trèbes avec la prise d’otage dans un supermarché
  • L’attaque au couteau du 12 mai 2018 à Paris
  • L’attentat du marché de Noël de Strasbourg en 2018
  • L’attentat de la rue Victor-Hugo de Lyon en mai 2019
  • L’attentat de la préfecture de police de Paris en octobre 2019

Synthèse

Si tous les indicateurs ne sont pas systématiquement dans le rouge (le nombre d’homicides a diminué en 20 ans, le nombre de vols de véhicules a chuté après l’arrivée des clefs électroniques, le nombre vols a baissé depuis 2002, et les cambriolages en entreprise sont en baisse grâce à la mise en place de moyens dissuasifs), le bilan demeure tout de même largement négatif :

  • Le taux de crimes et délits s’est stabilisé à un haut niveau après l’explosion des années 70 et 80.
  • Le nombre d’homicides a certes diminué, mais les tentatives d’homicide ont explosé à partir de 2015.
  • Le nombre de cas de coups et blessures a augmenté de 249% entre 1996 et 2019.
  • La délinquance juvénile, et par conséquent les incivilités, ont beaucoup augmenté.
  • Les attentats terroristes se multiplient depuis 2013.

6. Comment se protéger face à l'insécurité ?

En prenant vos précautions, vous serez en mesure de mieux sécuriser votre vie quotidienne et de diminuer les risques que vous encourez dans vos environnements personnel et professionnel.

S’armer pour se protéger contre les agressions :

Vous avez le droit d’acheter et de détenir des armes de catégories D, qui sont tout à fait légales. Voici quelques exemples d’armes de catégorie D :

  • Bombe lacrymogène
  • Arme à impulsion électrique de contact (matraque électrique ou poing électrique mais pas de pistolet Taser)
  • Bâton télescopique
  • Pistolet projetant une solution irritante

En revanche, vous n’avez théoriquement pas le droit de porter sur vous et de transporter une arme de catégorie D sans motif légitime. En cas de contrôle de sécurité, vous devez être en mesure de fournir une raison valable au port de l’arme. La sanction encourue par une personne portant une arme de catégorie D sans raison valable consiste en une amende de 15 000€ et une peine d’emprisonnement de 1 an.

Vous avez le droit de conserver l’arme de catégorie D à votre domicile, et dans le local professionnel de votre entreprise, mais pas de la transporter sur vous ou dans votre véhicule.

Dans le cadre du tir sportif, vous avez le droit de transporter une arme utilisée pour ce sport, si vous détenez une licence de tir en cours de validité.

Se protéger contre le carjacking (vol d’un véhicule alors que son conducteur est à l’intérieur) :

  • Verrouillez toujours l’ensemble des portières de votre véhicule pour tous vos trajets
  • Remontez toujours vos vitres au maximum
  • Ne laissez aucun objet ou sac de façon visible sur les sièges de la voiture, même si leur valeur vous paraît dérisoire
  • Ne vous arrêtez pas pour aider des automobilistes en panne au bord de la route qui réclameraient votre aide. Les dépanneuses sont là pour cela, et il s’agit d’un stratagème de plus en plus utilisé pour effectuer du carjacking.
  • Lorsque vous descendez temporairement de votre véhicule, coupez toujours le contact, et prenez vos clefs et vos affaires avec vous.

Faire appel à une agence de sécurité pour sécuriser ses évènements :

Sécurisez systématiquement tous vos évènements rassemblant plus de 50 personnes, qu’ils soient privés (mariages, soirées…) ou professionnels (conférences, inaugurations…). L’actualité démontre régulièrement que des drames (enlèvements, agressions, meurtres, incendies…) peuvent toujours arriver. Le coût horaire d’un agent de sécurité ne se monte qu’à 20 à 30€ de l’heure, ce qui représente une somme vraiment modique pour assurer votre sécurité et celle de vos proches. Lisez notre article dédié pour en savoir plus sur la sécurité évènementielle.

Faire appel à une agence de sécurité pour sécuriser votre domicile :

Pour vous prémunir à la fois des cambriolages en votre absence et du homejacking (cambriolage d’un domicile alors que les habitants sont à l’intérieur), faites appel à un professionnel pour :

  • Mettre en place un système d’alarme intrusion
  • Mettre en place un système de vidéosurveillance
  • Mettre en place un système de télésurveillance pour alerte une société de sécurité en cas d’intrusion. Des opérateurs effectueront alors des contrôles et enverront des agents de sécurité effectuer la levée de doute sur place si nécessaire.

Faire appel à une agence de sécurité pour sécuriser les locaux de votre entreprise :

De la même façon, il est recommandé de faire appel à une agence de sécurité pour sécuriser votre entreprise en mettant en place :

  • Un dispositif de sécurité composé d’agents de sécurité
  • Un système d’alarme intrusion
  • Un système de vidéosurveillance
  • Un système de télésurveillance
  • Un système de sécurité incendie
  • Un système de contrôle d’accès